Robert Combas joue, expose et installe un atelier éphémère !

Le peintre et musicien Robert Combas, mondialement reconnu, exposera une sélection de tableaux et cartons plumes autour du thème de la musique (des années 1980 à 2020). Ces oeuvres feront échos aux créations que l’artiste réalisera en direct dans son atelier éphémère tout au long de l’évènement, spécialement pour “Le Grand Barouf du Rhino ».

«…Figure de proue de la « Figuration Libre », l’œuvre de Robert Combas déborde les frontières de la peinture pour se déployer en volume, dessin, performance et musique plus récemment. Caractérisé par des couleurs vives et un trait noir délimitant les figures représentées, le « style Combas » se veut libre et spontané. Il affirme dès la fin des années 70 une peinture personnelle. Ses sources d’inspiration sont multiples et déhiérarchisées (BD, livres d’enfance, illustrations, publicité, mythologies antiques ou religieuses, revues, Histoire, histoires personnelles, intimité, TV, actualités…) ; il aime à traiter de sujets variés allant des images de la vie quotidienne à la guerre en passant par l’amour ou la politique. Une énergie créative qui surprit très tôt Bernard Ceysson directeur des musées de Saint-Étienne, qui lui proposa une première exposition collective en 1980, “Après Classicisme” au Musée d’Arts et d’Industrie à Saint-Étienne…» - Entretien entre Lionel Balouin et Robert Combas reproduit dans : Cécile Debray, Robert Combas ; les années chaudes, Châteauroux : Les musées de Châteauroux, Paris : Somogyéditions, 2001

Ils ont écrit :

« Ces abondances suggèrent une activité qui s’exerce sans repos. Les séries de tubes, les liasses de papiers, les rouleaux de toiles en sont les indices évidents. ...

D’un jour au lendemain – on en a fait l’expérience- l’atelier change du tout au tout. Des travaux en cours apparaissent, d’autres se modifient, d’autres encore attendent d’être poursuivies et reprises. Des œuvres achevées se déplacent ou disparaissent, rangées ou parties. De tout cela, Combas ne parle guère. Il se borne à répondre aux questions qu’on lui pose, sans trop entrer dans le détail. Ou bien il raconte une anecdote, ce qui est tout à la fois une manière d’instruire le visiteur et une manière de ne pas répondre à ses interrogations. Peut être est-il las de s’expliquer. Peut être considère-t-il que son œuvre doit se défendre seule, par ses seuls moyens, ses seules qualités. Il a raison, du reste. »
Ph Dagen – Extrait de monographie Snoeck 2005

Le maître mot de l’oeuvre de Robert Combas, c’est donc la liberté, laquelle se manifeste clairement dans la variété et la licence des thèmes abordés. ...

J’ai beau chercher, je ne connais pas d’autre oeuvre où les puissances de l’imagination jouent une partition aussi débridée – le seul équivalent, dans une veine sur - réaliste finalement très étrangère à l’univers de Combas, pourrait être Salvador Dalí. (…)
Chaque tableau raconte une histoire, celle d’individus piégés par leurs excès – de substances, de boisson, d’amour, de tristesse et de haine –, de personnages et d’animaux lubriques ne dissimulant rien du désir turgescent qui les consume. Chaque oeuvre est un monde en soi ouvrant sur une dimension parallèle, un reflet amplifié du monde réel vu par l’artiste. L’oeuvre de Robert Combas se développe sous la forme d’une complexe arborescence, chaotique au premier abord, mais où chaque élément trouve mystérieusement sa place. »
 Richard Leydier – Extrait  de : Greatest Hits. Robert Combas, Ed SOMOGY, 2012

"Faire uniquement de Robert Combas l’un des principaux protagonistes, ou même le « leader » de la « Figuration Libre » est plus qu’insuffisant. ...

Cette appellation, en effet, est purement idéologique; elle masque la diversité et la complexité de l’oeuvre sous un fatras de stéréotypes: spontanéité, pulsion pure, plaisir de peindre… A plus d’un titre, cet oeuvre se distingue du bruit et de la fureur faits dans les années quatre-vingt autour du « retour à la peinture ». Plus que de retour, il faudrait ici parler de réactivation de zones d’intensités oubliées. La peinture de Combas développe en effet, sur un mode particulièrement original, des préoccupations qui, bien qu’occultées, n’en constituent pas moins une des données de la culture et de la sensibilité populaires. Aujourd’hui il est possible de voir comment le monde de Combas est plus proche de celui de Chaissac que de celui des « graffitistes » américains ou des « néo-expressionnistes » allemands. On retrouve dans sa formidable capacité d’invention, dans sa jubilation à faire cohabiter les univers les plus contradictoires (bande dessinée, actualités, musique rock, histoire de l’art, traditions religieuses, etc.), dans son ambivalence, sa verve, sons sens de la satire et du grotesque, des accents qui le rapprochent d’Alfred Jarry et même, plus loin, de François Rabelais… Dans ces entremêlements de références et de sujets, dans ces enroulements vertigineux des formes et des figures, ces enchevêtrements des mots et des images, s’opère une forme de transsubstantiation réciproque du « sale » et du « propre », du « vil » et du « noble », qui bouleverse et déstabilise les hiérarchies et les conventions instituées. Pourtant, malgré l’éclatement des catégories qu’elle met en oeuvre, la peinture de Combas a une tendance irrépressible à se refermer sur elle-même. A l’image de l’Ouroboros alchimique, tout ici semble voué à se mordre la queue. Cette peinture en effet est à la fois ouverte et fermée. Ouverte, parce qu’elle ingurgite et assimile les ingrédients les plus hétérogènes; fermée parce qu’elle se protège jalousement de certaines influences extérieures. « Comme Jules Verne, sans sortir de chez moi, je suis allé à Tombouctou », écrit Combas. Tout se passe comme si la contamination générale qui s’exerce à l’intérieur de chaque toile n’était viable qu’à la condition que l’auteur ne soit pas lui-même contaminé; comme si, à l’inverse, la « pureté » de Combas ne pouvait être garantie que par l’impureté de son oeuvre. « Tout se passe, remarque Didier Semin, comme si la peinture était pour lui la scène où s’accomplit le désir contradictoire d’être reconnu (comme le seul, le meilleur, le premier) sans pour autant être compromis (par le marché, le milieu) ni qu’on lui mette le  « grappin dessus », selon l’expression de Cézanne. Dans cette recherche d’une réussite qui serait « pure » exempte de ses implications sociales, la peinture est en quelque sorte le masque ou le corps sans défaut dont l’artiste se dote comme d’un instrument rituel; un tableau, c’est à chaque fois une danse, ou plus exactement une acrobatie : un spectacle qui laisse sans voix, une parade qui, dans la même geste, donne à voir et protège des regards». Ce paradoxe traverse toute la peinture de Combas. Car ce n’est pas en se protégeant de la peinture (de ses influences, de son histoire, de ses ambiguïtés…) que Combas se protège lui-même, mais, au contraire en s’y consacrant corps et âme, en s’y vautrant jusqu’à la lie. A l’inverse, c’est bien en s’isolant de certaines conventions sociales, que Combas retrouve le sens d’une véritable peinture populaire”
Bernard Marcadé, dans monographie La Différence 1991

"Ces abondances suggèrent une activité qui s’exerce sans repos. Les séries de tubes, les liasses de papiers, les rouleaux de toiles en sont les indices évidents. ...

D’un jour au lendemain – on en a fait l’expérience- l’atelier change du tout au tout. Des travaux en cours apparaissent, d’autres se modifient, d’autres encore attendent d’être poursuivies et reprises. Des œuvres achevées se déplacent ou disparaissent, rangées ou parties. De tout cela, Combas ne parle guère. Il se borne à répondre aux questions qu’on lui pose, sans trop entrer dans le détail. Ou bien il raconte une anecdote, ce qui est tout à la fois une manière d’instruire le visiteur et une manière de ne pas répondre à ses interrogations. Peut être est-il las de s’expliquer. Peut être considère-t-il que son œuvre doit se défendre seule, par ses seuls moyens, ses seules qualités. Il a raison, du reste. »
Ph Dagen – Extrait de monographie Snoeck 2005

Les Sans-pattes

Nous retrouverons aussi l’artiste musicien aux côtés de Lucas Mancione, artiste plasticien vidéaste, avec qui ils créent depuis 2011 le groupe les Sans Pattes. Ensemble ils forment ce duo électro-punk, brut et psychédélique, refusant tout conformisme leurs compositions évoquent le free folk. Leurs interprétations seront ponctuées par des lectures de l’artiste Jean-Luc Parant le 6 octobre 2020. Mais également par les improvisations avec le musicien performer Lionel Martin saxophoniste pareillement à l’aise sur un riff des Stooges que sur un répertoire jazz(s) aux inspirations les plus larges.

Les “Sans-Pattes” en concert :
le 5 octobre à 20h33 pour l’ouverture du Grand Barouf du Rhino 
le 18 octobre à 19h32 pour le grand final du Grand Barouf du Rhino

Une sélection des œuvres de Robert Combas
sur le “Grand Barouf du Rhino”

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