En partenariat avec la ville de Saint-Chamond

Samedi 17 octobre – 20h00

Saint-Chamond / Salle Aristide-Briand

25 / 30 €

Entre soul-funk très rock et swamp-blues du bayou bien groovy, un menu des plus inflammables pour une soirée qui s’annonce explosive.

Sons of Killdozer, une miraculeuse résurrection !

1978. Lyon est la capitale du rock français. Marie et les Garçons, Electric Callas, Starshooter, Carte de Séjour, Ganafoul, Factory et d’autres encore tiennent le haut de l’affiche, mêlant rock, blues, avènement du punk et new-wave naissante. Mais depuis plus d’un an, un autre groupe fondé entre Lyon et Givors se distingue de tous dans une hybridation singulière pour l’époque mais aujourd’hui à la pointe de nos musiques actuelles. Avec plus de quarante ans d’avance sur son temps, Killdozer (à ne pas confondre avec le groupe homonyme de trash-metal américain!) imposait son style unique, fusionnant dans une pulsation démoniaque le gros son et l’énergie du rock blanc à la moiteur torride de la black-music fiévreusement dansante. Un métissage alors inédit, cocktail survitaminé où le groove trouve ses origines du côté du mythique label Stax et chez des icônes comme Fela, Rufus Thomas et surtout James Brown, faisant une sorte de jonction entre Mother’s Finest et le J.Geils Band. De la soul-funk en version très rock pêchu portée par la voix abrasive et la présence fougueuse de son leader, le chanteur Robert Lapassade, non sans rappeler James Brown, et la rythmique de dingue imposée par les guitares d’Edouard Gonzalez et de Jean-Pierre «wa wa» Gouillon, la batterie de Patrick Blondel, et les basses successives de Phil Panchionne puis de Christian Rotacher, pour certains venus de Factory et Ganafoul. En témoignera un seul album, devenu un collector mythique avec son fameux logo rentre-dedans, enregistré en 1980 pour CBS au légendaire Scorpio Studio de Londres avec l’appui d’une section cuivres du cru, et gravant pour l’éternité onze titres chantés en anglais dont huit compos et trois reprises emblématiques, parmi lesquelles Funky Street d’Arthur Conley, My Thang de James Brown et le tout aussi démoniaque First I look at the Purse des Contours repris aussi par The Miracles et le J.Geils Band. Mais incompris en son temps avec peu de ventes et de concerts, Killdozer disparaîtra en 1982, avant que l’on retrouve Robert Lapassade au micro des viennois Snappin’ Boys avec lesquels il a beaucoup tourné, puis dans l’expérimental Lapassenkoff, mais encore comme animateur radio (Bellevue, Jazz Radio), attaché de presse (Jazz à Vienne) et journaliste passionné et passionnant. Une figure de passeur, érudit et incontournable, qui, à l’occasion de la parution en 2022 d’un vinyle pour Simplex Records rassemblant des maquettes inédites de Killdozer, s’est laissé convaincre de relancer la machine sous l’étiquette Sons of Killdozer. Un puissant octet où le chanteur dont la voix n’a pas bougé retrouve ses deux guitaristes historiques, Yves Rotacher aux drums, mais aussi de nouveaux venus comme le soutien de la magnifique vocaliste soul Marina Venet et les cuivres de l’incontournable Fred Roudet à la trompette et Phil Gilber au sax. On peut ne pas croire au miracle, mais c’est pourtant bien cette incroyable résurrection aussi géniale qu’inattendue qui nous sera donnée à entendre en ouverture de cette Nuit du Blues. Autant dire que l’événement est évidemment immanquable !

Robert Lapassade : voix – Marina Venet : voix – Édouard Gonzalez : guitare – Jean-Pierre Gouillon : guitare – Yves Rotacher : batterie – Fred Roudet : trompette – Phil Gilber : sax

 

Kenny Neal, the King of the swamp

Après un groupe mythique de notre histoire régionale, place à une légende mondiale, américaine celle-ci, avec pour une première fois au Rhino la présence du Louisianais Kenny Neal, figure de référence du fameux swamp-blues de la Nouvelle-Orleans, et plus précisément de sa ville Baton Rouge. Un genre particulier qu’on nomme aussi blues des marécages ou des bayous, particulièrement piquant et pétillant, plus axé sur la joie partagée que sur la complainte, et privilégiant aux ballades attristées les mélodies groovy d’un funk épicé de sauce créole ou cajun. Né dans une famille d’éminents musiciens avec cinq frères membres de divers groupes, Kenny Neal est le fils de l’harmoniciste Raful Neal avec lequel il a commencé à jouer dès l’âge de dix-sept ans en tenant alors la basse dans le groupe de Buddy Guy. Jouant également avec un autre harmoniciste le légendaire Slim Harpo, il a par ailleurs énormément tourné à travers le monde avec B.B King qui a influencé son jeu de guitare et qu’il considère comme son deuxième père. Artiste complet, dotée d’une voix chaude et envoûtante tout en maniant à son tour guitare et harmonica avec incandescence, il sortira son premier album en 1987, entamant une discographie qui lui vaudra au fil des parutions un incalculable palmarès de prix et autres distinctions prestigieuses. On retiendra particulièrement la sophistication de son groove et son approche très soul du blues sur Let Life Now (2008) où son style puise à l’école de Chicago et de Memphis, ou pour Bloodline en 2016 qui décrocha deux Blues Grammy Awards (Meilleur artiste et Meilleur album de blues contemporain) comme encore en 2022 avec Straight from the Heart réalisé sur son propre label et dans son home-studio de Baton Rouge en présence des musiciens de sa famille et amis proches. Revitalisant la tradition qu’il modernise par des rythmes puissants et des cuivres luxuriants, Kenny Neal par son authenticité est définitivement entré à son tour dans la légende après quarante années d’une brillante carrière. Né le 14 octobre 1957, cette soirée qui s’annonce explosive sera une belle occasion de lui souhaiter tous ensemble un chaleureux anniversaire !

© photos : DR